lundi 17 octobre 2016

Marie Martin, cette fille cool - dream catcher modèle 1


Cet été, votre copine Pauline récemment larguée, a décidé de faire une retraite dans votre coin de campagne. Elle s’est dit que ce serait un peu comme des vacances, mais en moins loin, un peu comme le camping, mais en plus confortable, un peu comme la colo, mais en moins programmé. 

En fait, Pauline était un peu comme à l’hôtel, mais en plus chez vous.

Pauline, vous la connaissez depuis 17 ans. Vous avez eu un coup de foudre réciproque ce jour de rentrée en 4eB quand elle vous a demandé si vous n’étiez pas TROP DEG d’être dans la classe de Marie Martin. C'était l'époque où on n'avait pas encore le seum, et où on n'était même pas encore vénèr, pour vous dire combien c'est loin sur l'échelle du langage. 
Vous aviez répondu que si, du coup ça vous a fait un point commun, donc vous ne vous êtes plus jamais quittées.

Marie Martin, c’était cette fille qui déchainait les passions. Elle marchait cool, elle riait cool, elle mangeait cool. Elle était tellement cool que tout le collège savait qui elle était, et qu’elle ne connaissait le nom de personne.  Elle était tellement cool que quand elle a commencé à mettre du fard vert à paillettes sur ses paupières, Yves Rocher s’est retrouvé en rupture de stock. Elle était tellement cool que quand elle a dit un jour qu’elle adorait Lou Béga, c’est devenu l’hymne de la cour de récré.
Elle était tellement cool que même son appareil dentaire lui allait bien.

Vous n’aviez pas de Kickers, pas de walman CD, et pas le droit de vous maquiller. Vous détestiez Marie Martin de près et l’adoriez de loin, et en ce jour béni de rentrée de 4eB, vous aviez enfin trouvé une alliée.

Et ça, ça crée des liens, vous a rappelé Pauline qui finissait son petit dej à 11 :30.
Oui. Mais pas assez pour se taper tout son ménage, lui avez-vous répondu en lui lançant l’éponge.









mardi 13 septembre 2016

Pauline est seule - La loutre et le héron




Pauline est arrivée à la nuit tombée.
Pauline, seule.
Il était un poil trop tard pour que vous sentiez l’embrouille, et pis il faut dire qu’elle avait pris son temps pour arriver, du coup vous aviez déjà quelques rosés d’avance.

« T’es toute seule, t’as lâché ton mec dans la forêt ? »
La question la plus stupide que vous aillez posée depuis que vous avez demandé à votre mère en plein repas de famille si une capote c’était comme un k-way.  Il faut dire que vous aviez 8 ans, et qu’à l’époque, la pub conseillait de sortir couvert, ce qui brouillait les pistes. Mais bon, aujourd’hui, vous en avez 30, et plus vraiment d’excuse pour faire ce genre de gaffe.

Larguer sa copine la veille des vacances, c’est d’une violence ! L’inhumanité du mec, quoi.
C’est pas comme si ça faisait 3 mois que la meuf se préparait mentalement et physiquement à l’épreuve du mois d’août.

Non, parce que là-dessus, vous savez que Pauline et vous êtes sur la même longueur d’ondes. Soyons clair, le corps des autres à la plage, vous n’en avez franchement rien à faire. Vous avez depuis longtemps fait la paix avec votre capital génétique et ne vous imposez plus de comparaisons ridicules avec cette blondasse qui fait la sirène en remuant ses cheveux dorés au sel sur sa peau over-bronzée depuis un bon moment. Mais passer 2 semaines en compagnie de SON PROPRE corps en maillot de bain, ça demande une sacrée préparation mentale. Surtout quand on passe le reste de l’année à crier au scandale du dictat de la beauté en demandant la carte des desserts.

Bref. Pauline venait juste de réussir à envoyer bouler ses complexes et à se faire à l’idée que sa dignité ne tiendrait qu'à une ficelle de bikini pendant 2 semaines, et là, PAF. En plein mois d’août en plus, merci. L’idéal pour déprimer. Tout le monde est parti en vacances EN FAMILLE, et elle, elle se retrouve à zoner toute seule devant une vieille redif de Dolmen. 
Du coup, elle s’est dit qu’elle n’allait quand même pas annuler son weekend chez vous pour ça, et qu’elle allait même en profiter pour faire des trucs qu’elle n’aurait jamais faits avec lui. 

Sur le coup, vous avez appuyé sa décision d’un « mais grave, t’as raison » de circonstance, sans trop savoir où cette résolution allait vous mener. Mais bon, les copines, c’est aussi fait pour ça, répondre des mots d'encouragements à des affirmations absurdes.

Le lendemain, vous avez donc commencé par faire un peu de bricolage avec elle, histoire d’occuper ses mains avec autre chose qu’un verre de vin, parce que vu la chaleur, ça ne l’aurait pas menée bien loin…





lundi 5 septembre 2016

Ta maison comme au cinéma : Pocahontas dans ta chambre


Quand on parle campagne à des citadins, il y a généralement deux écoles. Il y a d’abord ceux qui se disent que JAMAIS ils ne pourraient vivre sans la 4G, la possibilité de visiter des musées (parce qu’en vrai, ils y vont genre 1 fois tous les 2 ans), les brunchs post-cuite du dimanche matinprèmidi , et surtout sans « leur » cinéma. Parce que tu comprends, un citadin a forcément SON cinéma, sinon, c’est qu’il n’est pas VRAIMENT intégré à son quartier.
Et puis il y a ceux qui ont vu une fois Une hirondelle a fait le printemps, et qui idéalisent le monde rural au point d’être prêts à tout plaquer pour « se mettre au vert » et élever des chèvres, parce qu’ils se disent que si une morue comme Mathilde Seigner y est arrivée, ça doit pas être compliqué.

Se « mettre au vert ». Typiquement l’expression qui vous gonfle, puisque chez vous aussi, quand vous dormez la fenêtre ouverte, vous avez plus tendance à êtes réveillées par le chant des éboueurs à 5h du matin que par celui des moineaux de Blanche Neige.

Vos copains Pauline et Guillaume  sont de cette deuxième catégorie.
Quand vous leur avez dit que vous alliez vous exiler dans une ville de 3500 âmes, ils se sont tout de suite imaginés chez vous, caressant un agneau pieds nus dans la rosée du matin, faisant une sieste dans un hamac sous un pommier en fleurs, et prenant l’apéro au bord d’un étang au soleil couchant en discutant permaculture avec l’agriculteur bio du coin de la rue.
 « D’ailleurs, est-ce qu’il y a des coins à vos rues ? Non, parce que ici, tu te rends pas compte, on est tellement agglutinés dans nos immeubles qu’on a du mal à se rendre compte des distances à la campagne. »
Non mais franchement. Déjà, ils ont visiblement oublié que vous avez vécu 10 ans dans la même ville, et en plus, ils appellent tout ce qui ne compte pas 100 000 habitants et 12 Macdo « la campagne », comme si c’était une entité aussi floue et sexy que « la mafia » ou « le CAC40 ».

Mais il faut dire que vous les aimez beaucoup, Pauline et Guillaume, et quand ils vous ont suppliés de les accueillir quelques jours cet été le temps de lever le pied, vous vous êtes dit que la confrontation avec votre réalité serait plutôt drôle à voir. Et puis déjà que vous habitez loin de tout et au milieu de rien, alors avez-vous en plus envie de briser les rêves des rares potes qui ont le courage de faire le déplacement ? Non, je ne crois pas.

Alors pour continuer à leur envoyer du fantasme par paquet de 12, vous avez décidé de leur aménager un petit nid douillet comme ils se l’imaginent, et de mettre la chambre d'amis en accord avec la nature. 
La première idée qui vous est venue, c’est de peindre en 1000 couleurs l’air du vent, mais après, il aurait fallut faire le ménage. Vous avez donc préféré vous inspirer des autres chansons de cette valeur sûre en termes d’adéquation à la nature qu'est Pocahontas (avec au passage un petit rappel de l'amitié entre les peuples touça, touça).






Et puis version enfants








lundi 14 décembre 2015

Cantine sauvage, suite et fin - La couronne de Noël





Suite à votre épisode « cantine sauvage » de lundi dernier, vous avez été convoquée dans le bureau du patron.

De l’adrénaline plein le sang et de la nourriture plein votre chemise (oui, parce que Lionel a répliqué), vous étiez prête à défendre vos idées en structurant votre discours en trois grands points : la neutralité religieuse et politique du lieu de travail, la stupidité de votre collège, la qualité des repas de la cantine.

Après avoir écouté votre tirade de l’autre côté du bureau dans l’attitude du directeur d’école, Patrice vous a rappelé d’une voix paternaliste qu’en France, on a aussi le droit d’être con.
Ne sachant que faire de vous et ne pouvant pas vous mettre à pied comme l’avait exigé Lionel (parce qu’on n’est pas dans une série américaine, Lionel), il vous a gentiment demandé de prendre le reste de votre journée, en se disant que moins  vos collègues auraient vue sur vos vêtements crasseux, plus vite ils oublieraient les causes de l’incident.

Une fois de retour devant le volant que vous aviez violenté le matin même, vous vous êtes sentie tellement bête. 

Et en même temps TELLEMENT MIEUX. 

Pour un peu, vous en seriez presque venue à remercier Lionel d’avoir servi d’exutoire.

Le cœur apaisé, vous êtes dirigée à nouveau vers la cantine pour constater les dégâts causés par le chaos que vous aviez engendré. Là, à genoux au milieu des stigmates de votre révolution de bas étages, vous avez trouvé Corinne et Désiré dans leur blouse de cantiniers.
Vous joignant à eux, vous avez saisi une éponge dans le silence, et nettoyé à grandes eaux toute la rage et la violence dont vous ne vous seriez même pas sentie capable quelques heures auparavant.

A la nuit tombée, contemplant toute cette propreté l’esprit vidé, Désiré s’est approché de vous en vous tendant un café.
« Tiens. C’est pour t’aider à faire descendre toute cette fierté que tu viens de ravaler. J’en aurais bien offert un à l’autre là, mais lui, il est pas venu. »

Sage Désiré.

Voir Corinne afficher un nouvel écriteau « Bataille de nourriture interdite » à coté du menu de la semaine vous a tous les deux fait rire aux éclats. Et puis ça vous a donné une idée de repentir. Demain, vous viendrez avec une jolie couronne pour décorer la porte du lieu du crime.




Vous aurez besoin de :
Des branches fines avec et sans chatons
Une branche plus épaisse (environ 40cm)
Des feuilles mortes
De la peinture blanche
Du papier canson beige, orange clair et bleu clair
Des boules de sapin
De la guipure
Un morceau de laiton d’environ 15 à 20cm
130cm de ficelle noire
Un pistolet à colle
Du fil de fer fin
Un sécateur ou une paire de bons ciseaux




Commencez par peindre 4 feuilles avec la peinture blanche.



En attendant que cela sèche, découpez 15 feuilles longues (au total) dans les papiers beige et orange, et 15 petites feuilles dans le papier bleu.
Collez ces petites feuilles bleues sur vos brindilles.
Collez aussi des courtes brindilles au centre de 8 des feuilles longues (4 beiges, 4 oranges).



Avec le fil de fer, formez ensuite 2 fagots de 30cm de long, et 2 autres de 20cm.



Toujours avec le fil de fer, accrochez les deux grands fagots de part et d’autre de la branche épaisse, puis collez par-dessus une feuille blanche.


Accrochez ensuite les 2 petits fagots, puis collez les deux dernières feuilles.



Collez ensuite les feuilles beiges et orange, en répartissant les masses et les couleurs.
Avec le fil de fer, accrochez vos boules de sapins.



Pour ce qui est de l’accroche, enfilez par deux fois votre ficelle dans le tube de laiton, et nouez les extrémités à votre branche. Placez le tube de laiton de manière à former un beau triangle.



Pour réaliser les pompons de dentelle, découpez 3 bandes de 50cm*18cm dans la guipure, et crantez-les tous les 2-3cm environ, en laissant 4cm en haut de la bande pour l’attache.
Roulez les bandes sur elles-mêmes, et fixez le haut des pompons avec du fil métallique.



Accrochez les pompons à la branche de structure de la couronne.