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lundi 16 novembre 2015

Les loups sont entrés dans Paris - Un avant/après sans douceur

Le vendredi soir, c’est sacré. Au resto, à l’apéro, ou en pyjama devant un marathon Game of thrones,  où que vous vous trouviez, c’est NO PHONE SIMONE.
C’est donc samedi matin, le café dans une main et la liste des courses dans l’autre, que vous avez découvert l’horreur.

Les loups sont entrés dans Paris.

Un autre jour, vous auriez sans doute blagué sur le nom des reporters de France inter (Sandy Dauphin et Claire Chaudière ? Vraiment les filles ?).
En fait, vous n’avez pas pipé mot entre le « Bonjour mon amour » de 8h39, et le  « Bon appétit mon chéri » de 13h11. Même devant la caissière du supermarché, aucun son n’est sorti. A peine un petit sourire poli.

Parler pour dire quoi, au juste ? Que vous êtes rassurée de vivre dans un bled paumé, au risque de passer pour une égoïste ? Que vous êtes soulagée que tous vos amis soient sains et sauf ? Que vous n’y comprenez rien, et que ça vous fout vraiment les boules, parce que c’est justement l’incompréhension qui en amène certains à se balader dans les rues de Paris un vendredi soir avec une kalach en bandoulière ?

Du coup, vous vous êtes tue, et vous avez écouté. Les infos, les reportages, vos amis, la famille. Tout le monde disait avoir besoin de douceur.
Alors vous avez essayé. Vous avez fait une tarte aux pommes et un panettone, un bouquet de fleurs, et même une balade dans les bois (écourtée pour cause de chasse… SÉRIEUX LES MECS ?)

Mais rien ne vous a libérée de votre angoisse. Et puis vous vous êtes dit qu’en fait, vous n’êtes peut-être pas faite pour la douceur. Vous n’êtes pas thé au miel et tarte au sucre. Vous n’êtes pas vert amande et rose litchi. Vous n’êtes pas Cœur de pirate et Marc Lévy.

Vous, vous aimez le vin rouge et le saucisson, le bleu nuit et le rose fuchsia, les Rolling stones et Boris Vian dans sa période Vernon Sullivan. Vous faites des tableaux et des listes, des plannings et des sudokus. Vous aimez quand c’est fort, voyant, et que ça rentre dans des cases.
Certains diraient que votre quotidien doit manquer de poésie, mais en fait, non. Parce que vous remplissez vos sudokus avec un stylo violet, que vos listes sont ponctuées de dessins rigolos, et votre planning « de couple » pleins d’imprévus (envoyer un message d’amour à son chéri, manger un chocolat, insulter quelqu’un,…).

Alors F*** à la douceur, parce que c’est ça que vous aimez. Et que vous allez continuer à partager.

Aujourd’hui, branchez vos oreilles sur Start me up, et laissez vous guider dans ce avant/après plein de lignes, de contrastes et de cases, qui ne demande plus qu’à être rempli de poésie par ses propriétaires…
Il s'agissait ici de décloisonner intelligemment, pour faciliter les déplacements tout en conservant une certaine intimité avec l’entrée. L'enjeu était donc de créer des perspectives et de la fluidité dans les déplacements et dans le regard.


 L'entrée avant/après

 


 La cuisine avant/après




 Et enfin le salon avant/après



mardi 12 mai 2015

Devant la caméra - reportage France2






Votre papa est très fort en histoire. Surtout en histoire des révolutions prolétariennes. 
Ça s’est mine de rien un peu transmis, et vous l’en remerciez parce que grâce à lui, vous avez pu expliquer au mec qui partage votre Charlie Hebdo pourquoi PERSONNE ne travaille le 1er mai (pas même Leroy Merlin, c’est pour dire). 

Vous vous êtes aussi taillé une réputation de meuf incollable aux questions jaunes du Trivial (aux roses aussi, mais c’est moins impressionnant), et c’est à ce titre que votre copine Sarah vous a demandé d’intervenir auprès des enfants de sa classe ce 7 mai dernier. 

Sarah est maîtresse (pardon, professeure des écoles) dans une école à classe unique. Ce qui veut dire qu’elle gère à elle toute seule une vingtaine d’enfants de 6 à 11 ans, répartis sur à peu près 6 niveaux, tout ça dans 40m². A peu près parce que même si chaque enfant commence la journée à sa place, tout finit toujours par se mélanger.

Un héros du quotidien.

Elle vous le demande parce qu’elle a inscrit sa classe à un concours, où ils doivent faire des trucs d’enfants pour gagner un grand poster accompagné du plus grand respect d’un jury de gens qu’ils ne rencontreront jamais. Un concours à gros budget quoi. Elle doit donc envoyer une vidéo, et chose plutôt surprenante, c’est vous qu’elle a choisi de filmer avec ses élèves.

Pour la remercier de son sacrifice à la nation, vous avez accepté d’expliquer aux enfants pourquoi ils chanteront tous le lendemain « Prendre un enfant par la main » devant un gros caillou avec des noms dessus.
Votre papa vous a toujours dit que c’est seulement parce que les bien pensants ne veulent pas entendre « le déserteur », mais vous allez devoir trouver une réponse moins engagée.

Après un raccord maquillage pour la caméra et un rapide topo sur les pourquois du comment, une petite blonde vous demande d’un air hagard (vous avez appris plus tard qu’elle s’appelle Gerta, et que son papa est un pur produit AOC de la forêt noire) : « mais alors les allemands, yzétaient méchants ? »
Et vous de répondre maladroitement pour ne blesser personne « Certains allemands oui. Et aussi certains français, certains italiens, certains japonais, tout un tas de monde, quoi. Mais il y avait aussi des gentils dans tous les pays, et c’est grâce à tous ces gens là qu’on a fait la paix. »

Coup d’œil rapide à Sarah, qui opine du chef.
Soulagement.

« Et pourquoi les méchants yzétaient méchants ? »
« Parce qu’ils se croyaient mieux que les autres, et qu’ils n’aimaient pas certaines personnes parce qu’elles étaient différentes ».
« Par exemple, elles étaient comment différentes ? »
« Elles n’avaient pas la même religion, la même couleur de peau, les mêmes habitudes. Elles ne mangeaient pas la même chose, ne chantaient pas les mêmes chansons… A vrai dire, leurs chefs avaient tellement envie d’être les Rois du monde qu’ils auraient trouvé n’importe quelle excuse. Et les autres étaient très malheureux et un peu perdus.»
« Alors yzétaient méchants parce qu’yzémaient pas les gens ? »
« Oui, c’est ça ! »

Victoire dans votre voix !

« Et du coup, si moi j’aime pas les gens méchants, ça veut dire que je suis méchante ? »

Vous voyant décontenancée par ce syllogisme implacable, Sarah conclut en expliquant que si on trouve les gens méchants, on n’a qu’à pas leur parler, épicétout (elle parle un peu comme ses élèves des fois, Sarah).

La prochaine fois, vous lui conseillerez de faire venir votre père.




En regardant la vidéo hier, vous trouvez que, évidemment, votre intervention ne sera pas déterminante pour la paix dans le monde, mais que vous ne vous en êtes pas trop mal sortie.





Une autre qui ne s’en est pas trop mal sortie devant la caméra, c’est la nana du blog que vous suivez tous les lundis. Elle a été filmée par France2 pour transformer des meubles avec un petit budget.
En plus, vous avez pu voir sa tête et l’endroit où elle habite (même s’ils se sont plantés en disant qu’elle habite à Nancy, alors qu’en fait, c’est à Joinville), et c’est assez marrant !



La vidéo sur le Pluzz de France2, directement en cliquant sur l'image!

http://www.france2.fr/emissions/c-est-au-programme/chroniques-par-theme/carrefour-des-blogs-faites-vous-un-meubleunique_327111


mardi 21 avril 2015

"Qu'est-ce qu'elle a? 13 ans..." - Rénovation d'une tête de lit



Votre nièce Violette vient d’avoir 13 ans.
Pour sa mère et vous, ça représente une année entière à lui sortir " Qu'est-ce qu'elle ? 13 ans" à tout va, même si elle n'a jamais vu le film.

Mais Violette s’en moque royalement, parce qu’elle a de gros problèmes dans la vie.
Et comme vous la comprenez.

Si aujourd’hui vous élevez le corps enseignant au rang d’armée de héros pour supporter l’assaut quotidien d’enfants dopés au Nesquik et/ou d’adolescents en pleine découverte de leur corps, ce n’était pas vraiment le cas quand vous étiez encore dans l’autre camp.

Comme dirait le mec qui partage votre placard à chaussures, (c'est dire combien vous l'aimez) tout est question de référentiel.

A 13 ans, vous aviez de gros problèmes de communication avec les gens de votre entourage direct. Les profs qui vous paraissaient moitié fous, les garçons avec lesquels la puberté (la leur et la vôtre bien sûr) rendait toute conversation inutile, votre meilleure copine qui prenait vraiment très à cœur les grands principes d’amitié jusqu’à ce qu’elle roule des grosses pèles à votre mec derrière la cabine téléphonique, et surtout votre mère, qui ne comprenait jamais rien à vos TRES GROS problèmes existentiels.
A 13 ans, vous aviez aussi  un appareil dentaire, de l’acné, des Converses alors que c’était la mode des Kickers, et vous DETESTIEZ les pantalons parce qu’ils vous faisaient complexer puissance 12, mais ne pouviez pas mettre de jupes parce que c’était quand même plus ou moins prohibé (rapport à la stupidité des garçons du même âge, et au fait qu’on considérait encore à l’époque que c’était de votre faute s’ils étaient assez idiots pour tout faire pour regarder dessous).

Tout ça sur fond de règles douloureuses et de Tribu de Dana.

Bref, comme vous tenez le rôle de la tata sympa, vous dites à Violette que vous prendriez sa place pour lui éviter tout ça si vous le pouviez. Mais la vérité, c’est que pour rien au monde vous ne revivriez votre adolescence. Encore moins depuis l'apparition de Facebook. JAMAIS.
Trop dur la 4ème.



Alors comme vous savez d’expérience qu’elle s’apprête à passer un peu de temps à ruminer dans sa chambre dans les années à venir, vous lui offrez un petit relooking vite fait de son lit de grande, que ses parents viennent de lui offrir. Histoire qu’elle rumine avec style, quoi.








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mardi 17 février 2015

Ou comment passer la Saint-Valentin dans un endroit inattendu





Il y a 3 types d’ anti-saint-valentin.
Ceux qui préfèrent se dire qu’ils n’en n’ont rien à faire parce qu’ils sont seuls, ou parce qu’ils sont sûrs que leur moitié est passée à côté, ceux qui te regardent de haut en te disant que c’est une fête commerciale, parce qu’ils sont seuls, ou parce qu’ils  sont sûrs que leur moitié est passée à côté (alors que franchement, comparé à Noël, hein, bon), et ceux qui décident pour toi que ça n’a pas d’importance, et qui te planifient des activités un peu absurdes.

C’est le cas de Patrice, votre patron, qui vous a prévenu la semaine dernière que ce serait encore une fois vous qui seriez présente ce samedi à la journée des métiers du lycée.
Vous avez bien essayé d’appuyer la candidature d’Aline, qui est plus proche des années lycées que vous (elle vous le rappelle assez souvent pour mériter d’y passer son samedi), mais selon Patrice, elle a « autre chose à faire ».

OK.

En rentrant à la maison, vous annoncez la grande nouvelle au mec qui partage votre canapé, d’un air bien vénère pour qu’il comprenne qu’il y a un truc qui vous gène UN PEU, mais il vous répond de la voix douce de l’avocat du Diable, que vous n’aviez rien de prévu de toute façon, et que les heures sup’, c’est toujours bon à prendre. Ça pourrait même vous permettre de vous faire un resto sympa un de ces jours.

Vous aviez presque espéré. Désolation.

C’est comme ça que vous vous êtes retrouvée samedi 14 février 2015 dans le hall du lycée Anatole France, noyée dans une mer d’adolescents pleins d’hormones se roulant des grosses galoches+mains baladeuses, avec une notion de la bienséance approchant le niveau du bitume du parking.
Et puis au fil des heures, vous vous êtes habituée à cette image de fond libidineuse, et vous vous êtes rendue compte qu’une autre mer bouillonnait : celle des parents.

Perdue dans vos pensées (puisque votre travail n’intéresse personne, il faudra d’ailleurs en toucher deux mots à Patrice), vous vous êtes dit qu’à la manière d’une vinaigrette ou d’un démaquillant biphasé, il faut de temps en temps secouer si tu veux que les deux mondes se mélangent, et que c’est sûrement pour ça que les journées des métiers sont faites.

C’était beau comme du Francis Ponge, alors il était grand temps de remballer vos stylos publicitaires.



Et puis une fois vos talons retirés, Chouchouchéri vous a proposé d’aller au cinéma, et promis, pas pour voir 50 nuances de Grey. Et même qu'après, vous pourriez vous trouver des sushis.
La Saint-Valentin n’était peut-être pas perdue…







Merci à Laurette et Jérôme de m'avoir confié cette merveille !