mercredi 20 mai 2015

Le potager des faux-urbains - Une desserte en grillage



Il y a environ deux mois, le mec qui vous débarrasse des concombres de vos salades composées s’est mis en tête qu’il allait s’occuper d’un potager. En tant que petite-fille d’horticulteurs, vous avez une idée plutôt  précise d’à quel point ça vous gonflera quand il faudra arroser les tomates alors que c’est l’heure de l’apéro.
Vous avez donc passé un marché, dans lequel vous vous engagez à récolter/cuisiner/congeler les produits du jardin, mais déclinez toute responsabilité quant à l’entretien en général, et au désherbage en particulier.
Ca tombe bien, il a prévu de se lancer dans la « permaculture sur buttes », suite à un reportage vu sur Arte.
Vos voisins de jardin vous ont d’abord pris pour des fossoyeurs (rapport aux buttes qui ressemblent à s’y méprendre à des tombes fraîchement creusées), puis pour des parisiens, quand le mec qui partage ses outils avec vous leur a expliqué ce qu’il allait planter.

Toujours est-il que peu importe que tu choisisses de tirer ton jardin au cordeau, ou d’en faire un truc un peu foufou, il y a quelques grands principes à respecter. Notamment, attendre le passage des Saints de Glace pour planter les trucs fragiles. Sauf que la patience n’étant pas la qualité qui caractérise le mieux votre couple (et qu’en plus, tout le monde vous a parlé des Saints de glace sans jamais vous dire QUAND ça a lieu), les tomates ont été plantées trop tôt, et ont toutes gelé sur place (sur butte, quoi).

Et comme dans vous aviez vu les choses en grand et que vous aviez déjà acheté le grillage qui servirait de tuteurs aux tomates, il a bien fallu lui trouver une nouvelle destinée.







Pour la desserte grillagée, il vous faut :
Du grillage à poules (quantité selon les dimensions que vous voulez donner à votre desserte)
2 tringles à rideaux en bois brut de 150cm
4 roulettes
Des colliers métalliques du même diamètre que vos tringles à rideaux
Une scie sauteuse (ou si vous avez la foi, une scie manuelle)
Une perceuse-visseuse
Une pince coupante
Un tournevis
De la peinture en bombe
Des vis
De l’adhésif du peintre
Une paire de gants de protection



Commencez par découper votre grillage aux dimensions souhaitées. Je vous conseille de fixer vos dimensions en nombre de carreaux.
Coupez au milieu des tiges, de sorte à pouvoir les rabattre au moment de la finition.



Bombez vos morceaux de grillage, et laissez bien sécher.
Profitez-en pour bomber aussi les colliers.



Pendant ce temps, sciez vos tringles en 2 morceaux égaux, et poncez légèrement au papier de verre pour éviter les échardes.
Définissez et marquez la position de vos paniers. Tracez ensuite une marque à 5cm de distance, du panier haut et de celui du milieu, de manière à dessiner une bande sous chaque. La bande sous le panier bas est plus large, et va jusqu’aux roulettes. Positionnez votre adhésif, et peigniez.



Une fois le grillage sec, formez les paniers à l’aide d’une règle. Repliez les tiges qui dépassent pour fixer les angles. Repliez aussi celles du dessus pour ne blesser personne.



Faites 4 trous par panier pour laisser passer vos morceaux de bois. Attention à ce que les trous ne soient pas trop larges.
 



Revenez à vos pattes en bois, prépercez-les, et vissez les roulettes.



Fixez ensuite un collier en bas de chaque patte, pour soutenir le panier bas.
Enfilez ensuite vos trois paniers. Là vous vous dites que ça ne tiendra jamais debout.
C’est donc le moment que je choisi pour vous parler d’un grand moment d’architecture : le contreventement.
Ici, vous utilisez le fils de fer qui servait à retenir votre rouleau de grillage. Vous coupez 4 morceaux d’environ 50cm, et 4 autre de 20cm, puis vous les fixez comme sur la photo, en faisant en sorte que votre desserte soit droite (bloquez-là contre un mur, par exemple). A la fin de l’opération, la desserte est normalement stable (sinon, c’est que vous n’avez pas assez serré).



Fixez ensuite les 8 colliers restants, et placez vos paniers.



Voilà !





NB : cet article est basé sur une histoire vraie. Nous avons bien un jardin avec des buttes et des voisins qui nous prennent pour des parisiens à la campagne. On a même acheté nos graines chez Kokopelli. Mais les tomates vont bien. Keep in touch.