lundi 5 septembre 2016

Ta maison comme au cinéma : Pocahontas dans ta chambre


Quand on parle campagne à des citadins, il y a généralement deux écoles. Il y a d’abord ceux qui se disent que JAMAIS ils ne pourraient vivre sans la 4G, la possibilité de visiter des musées (parce qu’en vrai, ils y vont genre 1 fois tous les 2 ans), les brunchs post-cuite du dimanche matinprèmidi , et surtout sans « leur » cinéma. Parce que tu comprends, un citadin a forcément SON cinéma, sinon, c’est qu’il n’est pas VRAIMENT intégré à son quartier.
Et puis il y a ceux qui ont vu une fois Une hirondelle a fait le printemps, et qui idéalisent le monde rural au point d’être prêts à tout plaquer pour « se mettre au vert » et élever des chèvres, parce qu’ils se disent que si une morue comme Mathilde Seigner y est arrivée, ça doit pas être compliqué.

Se « mettre au vert ». Typiquement l’expression qui vous gonfle, puisque chez vous aussi, quand vous dormez la fenêtre ouverte, vous avez plus tendance à êtes réveillées par le chant des éboueurs à 5h du matin que par celui des moineaux de Blanche Neige.

Vos copains Pauline et Guillaume  sont de cette deuxième catégorie.
Quand vous leur avez dit que vous alliez vous exiler dans une ville de 3500 âmes, ils se sont tout de suite imaginés chez vous, caressant un agneau pieds nus dans la rosée du matin, faisant une sieste dans un hamac sous un pommier en fleurs, et prenant l’apéro au bord d’un étang au soleil couchant en discutant permaculture avec l’agriculteur bio du coin de la rue.
 « D’ailleurs, est-ce qu’il y a des coins à vos rues ? Non, parce que ici, tu te rends pas compte, on est tellement agglutinés dans nos immeubles qu’on a du mal à se rendre compte des distances à la campagne. »
Non mais franchement. Déjà, ils ont visiblement oublié que vous avez vécu 10 ans dans la même ville, et en plus, ils appellent tout ce qui ne compte pas 100 000 habitants et 12 Macdo « la campagne », comme si c’était une entité aussi floue et sexy que « la mafia » ou « le CAC40 ».

Mais il faut dire que vous les aimez beaucoup, Pauline et Guillaume, et quand ils vous ont suppliés de les accueillir quelques jours cet été le temps de lever le pied, vous vous êtes dit que la confrontation avec votre réalité serait plutôt drôle à voir. Et puis déjà que vous habitez loin de tout et au milieu de rien, alors avez-vous en plus envie de briser les rêves des rares potes qui ont le courage de faire le déplacement ? Non, je ne crois pas.

Alors pour continuer à leur envoyer du fantasme par paquet de 12, vous avez décidé de leur aménager un petit nid douillet comme ils se l’imaginent, et de mettre la chambre d'amis en accord avec la nature. 
La première idée qui vous est venue, c’est de peindre en 1000 couleurs l’air du vent, mais après, il aurait fallut faire le ménage. Vous avez donc préféré vous inspirer des autres chansons de cette valeur sûre en termes d’adéquation à la nature qu'est Pocahontas (avec au passage un petit rappel de l'amitié entre les peuples touça, touça).






Et puis version enfants