lundi 23 mars 2015

Le printemps, c'est maintenant




Vendredi, comme à chaque veille de week-end électoral, vos collègues se sont réunis pour discuter politique un croissant à la main, rendant ainsi impossible toute approche de la machine à café.
Non pas que vous n’ayez pas de conscience politique, ou que vous refusiez le débat en général, mais faisant partie de la même équipe de travail depuis 6 ans, vous avez déjà fait le tour de qui-pense-quoi-à-propos-de-qui, et vous ne comprenez pas l’obstination de vos collègues à essayer de se convaincre les uns les autres.

Mais vous aviez prévu le coup.
C’est armée de votre mug-thermos publicitaire que vous tentez une approche à pas légers de votre bureau. Une fois assise, vous apercevez Sofian, le stagiaire fraichement débarqué, se dirigeant nonchalamment vers la no-go zone. Vous le chopez aussitôt par le bras, en lui lançant un « t’es fou ! » assez tourmenté pour le faire réagir.

Vous l’aimez bien Sofian, il écoute de la musique cool sans vous dire que celle que vous avez dans votre MP3 est ringarde, et en plus il vous a montré plein de fonctions sur Word qui vous avaient jusqu’alors complètement échappé. Et en temps qu’ancienne stagiaire, vous savez que montrer aux nouveaux arrivants qu’ils ont AUSSI des choses à vous apprendre, ça n’a pas de prix.

Vous décidez-donc de lui rendre la pareille aujourd’hui, en lui donnant une petite leçon de vie de bureau. Puisque vous avez une vue imprenable sur le champ de bataille et que vous connaissez les dialogues par cœur, vous vous lancez dans une petite séance de doublage, bien planquée derrière votre écran d’ordi.

Martine : « Je suis tellement embêtée cette année, il y a trop de femmes, du coup, je sais pas pour laquelle voter ».
Jean-Luc : « Je suis vachement embêté cette année, il y a trop de femmes. » (rire gras)
Aline : « On vote pour quoi, déjà ? » (notons quand même que pour les cantonales, cette question est tout à fait légitime)
Catherine : « En même temps, ils n’utilisent pas tous les mêmes mots, mais ça reviendra au même, ils feront jamais rien »
Olivier : « ouais, et pis de toute façon, ce qu’il faudrait, c’est un bon mai 68. POURQUOI LES JEUNES Y FONT PAS LA REVOLUTION BORDEL ! »
Jean-Luc : « t’as raison, pis comme disait Coluche, Si voter changeait quelques chose, ça ferait longtemps que ça serait interdit »
Martine : « Ah non Jean-Luc, t’as pas le droit de voter FN, pis de citer des gens de gauche quand ça t’arrange ! »

Stoppant là vos imitations approximatives le sourire aux lèvres, vous entendez une petite voix fluette ajouter : « En même temps, il a dit ça, et après, il a choisi de s’engager politiquement et socialement, Coluche. Il ne s’est pas contenté de râler, il a essayé de changer les choses, pour que justement, on n’ait plus l’impression de voter pour rien. »

Blanc.

Tous les yeux sont braqués sur Aline, qui vient à ce moment même de donner une nouvelle dimension à une conversation pourtant rodée depuis des années.



Autant de clairvoyance contenue dans ce jean slim, ça vous a presque émue.
Qui aurait cru qu’Aline serait un jour pour vous comme un rayon de soleil à travers les nuages.

Y’a pas à dire, le printemps, c’est maintenant…


Une fois rentrée chez vous, vous décidez comme Aline d'envoyer bouler l'obscurantisme, et de donner un peu de clarté à votre intérieur.
On commence Aujourd'hui par les coussins!


Pour la version "La montagne, ça vous gagne", vous aurez besoin de peinture acrylique diluée (sinon votre tissus de transformera en carton).



Faites un modèle sur papier, puis reproduisez-les au crayon de papier sur votre tissus. Peignez ensuite à main levée, et montez votre coussin une fois que tout est bien sec.


Pour la version "tampon-patate", faite un tampon-patate de la forme de votre choix (un rond, c'est bien, c'est simple), et tamponnez avec de la peinture acrylique.